© Jerome.paulplocinik

Pisciculteur : Plus qu'un métier, une passion

January 5, 2017

 

 

Ne vous y trompez pas, ce matin, il faisait froid, très froid... ce rayon de soleil venant illuminer cette prise de vue n'est certainement qu'une récompense divine à cette matinée d'une intensité rare et surtout d'une réalité âpre.

 

Il faut agir vite et bien – le poisson vit et recherche déjà son oxygène lorsqu'il sent autour de lui se refermer ce filet qui l'empêche d'aller et venir à sa guise tel qu'il a l'habitude de le faire.

 

Mais il est nécessaire de vider cet étang de 22 hectares . Nous sommes le 10 novembre 2016 – il fait 14 ° au sol, 8 dans l'eau et déjà les hommes et la jeune demoiselle de16 ans s'activent pour déplacer de l'étang vers les bassins les tonnes de carpes, koy, sandres, brochets, gardons, brêmes alors rassemblés et cernés par ce filet qui ne cesse de les ramener vers la berge, tandis que l'étang, lui, continue inexorablement de se vider, presque à sec.

 

Les pertes, c'est ça la hantise de nos pêcheurs du jour... ne pas perdre de poissons qui peuvent simplement se blesser, voire se noyer. Entassés, sur quelques centimètres d'eau et des remous de vases, les poissons cherchent leur liberté et leur air... certains déjà se mettent sur leur flanc – mauvais signe

 

Parlons plus sérieusement- la vente, oui c'est le nerf de la guerre et le nerf du métier. L'objectif est de compartimenter les espèces pour faciliter l'accès lors de la vente

 

 

 

Mais c'est avant tout un métier qui se meurt – nous ne comptons aujourd'hui plus qu'une quarantaine de pisciculteurs dans tout l'hexagone.

 

On essaie de produire nos poissons me disait l'un d'entre eux

« quand tu mettais 3 tonnes de poissons d' alevinages sur 40 hectares il y a 30 ans, tu pouvais prétendre à 12/15 tonnes de rendement, aujourd'hui, si t'es à 300 kilos de poissons, c'est le bout du monde...

 

Pourquoi ? Comment ? Comment une profession est encore en train de disparaître sous nos yeux aveuglés ou plutôt ébahis par d'autres promesses en tout genre ?

 

La question est vaste, la réponse l'est tout autant.

 

Il y a un concours à la fois de la nature prédatrice, à savoir le cormoran qui vient des mers et décime les populations de poissons dans les bassins, de législation décidée bien loin des étangs qui interdit tout sans en mesurer les impacts sur le métier et d'un contexte européen voire international qui affairent à cette situation. En tout cas, ce métier, ancestral, qui pouvait encore être une passion il y a 20 ans devient progressivement un simple métier de négociant –.

 

A l'heure du développement durable, des considérations de cop 21/22, il est plus simple ou plutôt, vital pour les pisciculteurs de faire venir un camion d'alvins de Pologne ou d'ailleurs, plutôt que de se risquer de tenter de vivre de sa passion – les contraintes à la fois naturelles et celles issues de certains cerveaux hors sol, ou devrait-je dire hors étang, sur ce métier, sont telles que seules quelques grosses entités y survivront –

 

J'en appelle alors à ces cerveaux de poids, songeurs aux carpes amour – êtes vous capables de frayer de nouvelles idées salvatrices pour nos hommes passionnés ou êtes vous définitivement accrochés à d'autres hameçons tels de bons vifs à brochets ???

 

 

 

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